LA REINTRODUCTION DU SAUMON
ATLANTIQUE DANS LE BASSIN DE LA MEUSE
PROJET MEUSE SAUMON 2000
INTRODUCTION
Le saumon atlantique de la Meuse, qui jadis constituait une très grande richesse naturelle en Belgique, en France et en Hollande, a complètement disparu de nos rivières depuis la fin des années 30. Ce poisson anadrome doit emprunter la Meuse pour effectuer sa migration de reproduction. L'édification de barrages infranchissables ainsi que la pollution des eaux et l'aménagement des voies navigables sont trois facteurs importants qui ont eu comme effet d'interromptre son cycle vital, le conduisant ainsi à son extinction dans nos régions.
Truite de mer capturée dans la Berwinne
Cependant en 1983, dans la Basse Berwinne près de Visé, la redécouverte de quatre truites de mer adultes fait rajaillir une lueur d'espoir. Cette espèce, ayant comme plus proche parent le saumon atlantique, effectue également une migration en mer. La réapparition de ce Salmonidé migrateur donne l'idée de restaurer, au départ de repeuplements, le cycle du saumon atlantique dans le bassin mosan. C'est ce défi qu'un groupe de chercheurs des Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix de Namut et de l'Université de Liège a voulu relever en lançant le projet "Meuse Saumon 2000".

Proposé dans le cadre de l'année Européenne de l'Environnement en octobre 1987, ce projet a pour but premier la réhabilitation du saumon atlantique disparu de nos rivières et par la même occasion la réintroduction de la truite de mer, menacée de disparaître.

Concrètement les actions menées visent à :
  • Protéger le milieu de vie du saumon : l'eau, la flore et la faune fluviales;
  • ensemencer les rivières en saumons et en truites de mer juvéniles;
  • effectuer le suivi scientifique en eau douce des populations réintroduites (croissance, habitat, survi, densité de population, smoltification);
  • améliorer le passage des migrateurs dans les échelles à poissons des barrages;
  • sensibiliser la population à la dégradation de l'environnement;
  • coopérer avec les pays limitrophes afin d'assurer une gestion adéquate des Salmonidés migrateurs.
Saumon atlantique adulte (Québec)

BUTS

  1. S'assurer que la phase en eau douce pour la reproduction et la croissance est possible
  2. Optimiser les chances de remontées des géniteurs

HISTORIQUE DU SAUMON MOSAN
Le saumon atlantique était jusqu'en 1840 présent dabs tout le bassin de la Meuse. A la fin du 19ème siècle, le nombre de prises de saumons répertorié dans l'estuaire commun du Rhin et de la Meuse hollandaise variait de 21600 à 104000 individus par année.

A partir de 1885, on constate déjà une régression du nombre de captures de saumons en Meuse belge. Les causes principales sont l'aménagement pour la navigation de la Meuse et de ses affluents, l'essor industriel engendrant de nouvelles sources de pollution et la pression de pêche trop intensive.

Dès 1880, un effort de protection est entrepris par les pouvoirs publics belges et hollandais :

  • modification des lois régissant la pêche en 1883;
  • repeuplement artificiel des cours d'eau avec des alevins issus des oeufs des derniers géniteurs mosans en 1920-1925;
  • construction d'échelles à poissons (dès 1880).
Saumon de 14.9 kg, pêché à Visé en 1919
Malgré ces mesures, le stock ne cesse de diminuer (six capture en 1932). Vers 1935-1937 la souche mosane disparaît définitivement. Quelques captures d'adultes sont encore enregistrées jusqu'en 1942, date à laquelle le dernier saumon belge fu pêché.

BASSIN DE LA MEUSE
La Meuse prend sa source en France (Plateau Langres), traverse la Belgique et se jette dans la mer du Nord, en Hollande. Elle est alimentée par plusieurs affluents dont les plus importants en Belgique sont la Sambre, la Lesse et l'Ourthe. Elle effectue ainsi un parcours de 925 km à travers forêts, terres agricoles, indistries, villes et villages. De sa source à son estuaire, on dénombre 46 barrages dont 22 en Belgique

Trois obstacles majeurs pouvant nuire à la production de Salmonidés sont pris en considération dans le programme de réintroduction du saumon ;

  • les échelles à poissons, dont sont équipés tous les barrages de la Meuse et de l'Ourthe, sont souvent inadaptées à la migration des Salmonidés (la position, la structure et le manque d'attractivités sont les principaux facteurs limitant leur efficacité);
  • le rejet des eaux usées domestiques et industrielles qui occasionne des pollutions diverses;
  • la perturbation et/ou la destruction de l'habitat des poissons suite à l'aménagement artificiel des berges et le gragage des fonds fluviaux.
Barrage de Tailfer en Haute Meuse

COMMENT DISTINGUER SAUMON ATLANTIQUE,
TRUITE FARIO ET TRUITE DE MER?
Le saumon atlantique (Salmo salar), la truite farion (Dalmo trutta fario) et la truite de mer (Salmo trutta trutta) appartiennent à la famille des Salmonidés. Les espèce de cette famille présentent une série de caractéristiques morphologiques communes. Les deux schémats permettent de faire la distinction entre les espèces au stade juvénile (saumon - truite fario) et au stade adulte (saumon - truite de mer).
1. JUVENILE
TACON
JEUNE SAUMON
(tacon)
1. Nageoire caudale plus échancrée
2. Nageoire adipeuse gris-bleu
3. Nageoire dorsale pas ou peu tachetée
4. Nageoire pectorale longue et large
5. Mâchoire ne dépasse pas le bord de l'oeil
6. Taches sombres sur les flancs
TRUITE FARIO

1. Nageoire caudale moins échancrée
2. Nageoire adipeuse rouge ou orange
3. Nageoire dorsale tachetée
4. Nageoires pectorales peu développées
5 Mâchoire dépasse le bord de l'oeil
6. Taches sombre peu apparentes
TRUITE FARIO
TAILLE : 65 - 120 mm
2.ADULTE
SAUMON
SAUMON
1. Plus élancé, fusiforme
2. Mâchoire ne pdépasse pas le bord de l'oeil
3.Robe peu tachetée, pas de taches en dessous de la ligne latérale
4. Nageoire caudale plus échancrée
5 Attache de la caudale fine, applatie et arrondie
6. 10 * 13 écailles de la ligne latérale à la nageoire adipeuse
TRUITE DE MER
1. Plus trappue
2. Mâchoire dépasse le bord de l'oeil

3. Robe très tachetée
4. Nageoire caudale moins échancrée
5. Attache de la caudale épaisse

6 13 * 16 écailles de la ligne latérale à la nageoire adipeuse
TRUITE DE MER
TAILLE : 650 mm et plus
(Desssins de P. Dunbar, réalisés pour le service de la pêche)

CYCLE DE VIE DU SAUMON ATLANTIQUE
Le saumon et la truite de mer ont sensiblement le même cycle biologique.
En eau douce, les jeunes occupent des zones à courant rapide, à la recherche d'une eau froide et bien oxygénée. La durée du séjour (1 à 6 ans) varie en fonction de la température de l'eau et de l'abondance de la nourriture. Ainsi, une croissance lente signifie une phase en eau douce plus longue.

En mer, le saumon fréquente surtout les côtes sud-ouest du Groënland où il se nourrit de petit poissons et de crustacés, tandis que la truite de mer demeure près des côtes en mer du Nord. L'abondance de nourriture (petit cabillauds, harengs, crevettes, etc...) lui permet d'atteindre un poids variant de 2 à 20 kg.

De retour en eau douce, après un séjour d'un an ou plus en milieu marin, ils reviennent pour frayer. Le saumon, contrairement à la truite de mer, cesse de s'alimenter au cours de sa migration en eau douce.


LES ACTIONS MENEES ET LEURS RESULTATS
1. ASSURER UNE PHASE EN EAU DOUCE POSSIBLE
1.1 CHOIX DES RIVIERES

Afin que les Salmonidés puissent vivre et en l'occurence se reproduire, le choix des sites expérimentaux doit tenir compte de quatre critères fondamentaux :
  • Une eau rapide, froide et bien oxygénée, en quantité suffisante et de bonne qualité;
  • des zones où alternent seuils (alimentation) et bassins (repos);
  • des sites de frayères dont le substrat est composé de graviers;
  • l'accessibilité à ces différents éléments

Cinq rivière presentant un bon potentiel pour la production de Salmonidés ont été sélectionnées, l'Ourthe, l'Aisne, la Basse Amblève, la Semois et le Samson. Deux autres rivières, la Berwinne et la Méhaigne, ont été choisies pour un repeuplement en truites de mer uniquement

1.2 PISCICULTURE ET ENSEIGNEMENTS

Recréer le cycle du saumon n'est pas chose simple car la souche mosane a complètement disparu. Des oeufs en provenance d'Ecosse ont dû être acheminés à la pisciculture d'Emptinne où il sont pris en charge par le Service de la Pêche. Le succès de cette expérience a permis d'introduire depuis 1988, 66700 oeufs, 220851 tacons et 22764 truites de mer dans différents cours d'eau. Dans le but de reconnaître les différents lots déversés (origine, date de l'ensemencement), les saumons et les truites de mer sont préalablement marquées avec une ou l'autre des méthodes suivantes : ablation de la nageoire adipeuse, Ctyomarquage à l'azote liquide ou micromarquage.
RIVIERE
OEUF
TACON
(30 à 160 mm)
TRUITE DE MER
Ourthe et affl. 27300 141020 18650
Aisne 18400 20130 0
Basse Amblève 0 13463 1212
Samson 17500 10788 902
Semois et affl. 3500 35270 0
Berwinne 0 0 1000
Méhaigne 0 0 1000
TOTAL : 64700 220851 22764
Ensemencement de saumons et de truites de mer effectuées depuis 1988
Bilan au 31 décembre 92 du nombre de saumons et de truites de mer ensemencées dans chaque rivière
Depuis 1988, les jeunes saumons et truites de mer sont déversé cahque année dans sept affluents de la Meuse, sélectionnés pour leur bonne qualité d'habitat.
1.3 SUIVI SCIENTIFIQUE DES POPULATIONS

1.3.1 CROISSANCE, DENSITE ET SURVIE

De façon générale, les jeunes saumons ensemencés s'adaptent bien au milieu naturel. Des pêches électriques sont régulièrement réalisées afin de suivre l'évolution des populations.
  • La température de l'eau influence la croissance des jeunes saumons. Ainsi dans l'Ourthe, où l'eau est plus chaude, les tacons 0+ grandissent de 200 mm/mois été. Par contre, dans les eaux plus froides du Samson, la croissance est plus faible, soit 12 mm/mois.
  • La densité de population varie selon la mise en charge au départ, le type d'habitat, etc. Par exemple dans la Semois, elle peut varier de 7 à 10 individus / 100m2

On observe un bon taux de survie dans les rivières ensemencées. Dans le Samson, il a atteint 26 % en 1991.

Pêche électrique
Les saumons réintroduits s'adaptent bien en rivière. Il recolonisent les zones désertées lors de leur disparition.
1.3.2 HABITAT

Le tacon de saumon occupe un habitat qui diffère de celui de la truite fario.

PARAMETRE SAUMON TRUITE FARIO
Vitesse du courant Moyen a élevé Faible à moyenne
Profondeur Peu profond Moyennement profond
Localisation dans la rivière Milieu Proximité des berges (abris)
Habitat caractéristique des Salmonidés dans le Samson
1.3.3 DEVALAISON

Depuis 1990, un piège de capture est installé chaque année (mars à mai) dans le Samson afin de dénombrer les saumoneaux migrant vers la mer. Le taux de dévalaison (nombre de saumons capturés / nombre de saumons déversés) annuel varie en fonction du stade de développement au moment du déversement et de la vitesse de croissance des jeunes saumons. De 1989 à avril 1992, 1656 pré-smolts, 627 tacons et 5000 alevins ont été ensemencés dans le Samson. Le piège a permis de capturer à la dévalaison 27 % du lot de pré-smolts, 10 % du lot de tacons et 4 % du lot d'alevins de 1990. De plus, quelques saumoneaux ont été capturés en Meuse et dans le canal Albert, ce qui signifie qu'ils effectuent normalement leur migration vers la mer. La lecture des écailles des saumons capturés nous indique le nombre d'année(s) passée(s) en rivière avant la dévalaison vers la mer. La Smoltification des tacons s'effectue généralement après deux années passées en eau douce. Cependant, dans l'Ourthe et la Semois, où les conditions de température de l'eau sont plus favorable, on observe un comportement de dévalaison des tacons après un an de vie en eau douce.

Piège de capture à la dévalaison sur le Samson
La smoltification des tacons s'effectue dès l'âge d'un an dans l'Ourthe et la Semois; une eau plus chaude favorise une croissance rapide.

2. OPTIMISER LES CHANCES DE REMONTEES DES GENITEURS
2.1 MONTAISON

Les échelles à poissons des barrages Tailfer, Lixhe, Ampsin-Neuville et Houx sont contrôlées régulièrement afin de dénombrer les poissons empruntant ce passage. Jusqu'à ce jour, aucun saumon adulte n'a encore été capturé en Belgique. Cependant en Meuse hollandaise, on a signalé la présence de sept saumons atlantiques depuis 1990. Il faut également souligner la présence significative de truites de mer adultes dans l'échelle de Tailfer (22 depuis 1989) et de Lixhe (2 en 1992).

Plus de 90000 poissons appartenant à vingt espèces ont été capturés dans les échelles en 1992. L'efficacité des échelles de Tailfer et de Lixhe est nettement supérieure (91 % des captures totales) à celles d'Ampsin-Neuville et de Houx qui sont peu performantes. La majorités des captures dans les échelles sont des espèces limnophiles; gardons, ablettes et brèmes. Les autres espèces dites rhéophiles, telles que chevaines, barbeaux et truites ne représentent qu'un faible taux de fréquentation (10 %). En ce qui concerne les périodes de migration, elles débutent en mars et s'échelonnent jusqu'à novembre selon les espèces.

Echelle à poissons sur le barrage de Tailfer
DEUX OBJECTIFS : évaluer l'efficacité des échelles et établir les rythmes mifratoires des espèces mosanes
2.2 QUALITES DES EAUX DE LA MEUSE

La Meuse est moins polluée qu'il y a 10 ans. La diminution du nombre d'industries et le respect des normes européennes ont certes contribué à cet impact positif. Plusieurs de ses affluents oggrents un potentiel salmonicole intéressant car on observe de bonnes densités de truites et de chabots, indicateurs d'une bonne qualité d'eau. L'accès à ces sites est cependant menacé car une partie de la Meuse liégeoise, en période d'étiage, constitue une zone critique pour la circulation des saumons migrant vers les lieux de frai. En effet, de juin à octobre, les conditions minimales de survie de l'espèce ne sont plus respectées : la température de l'eau est supérieure à 20° C et la concentration en oxygène dissous dans l'eau est inférieure à 5 mg/l. Dix stations d'échantillonnage de la qualité de l'eau, réparties entre Tihange et Lanaye, font l'objet d'un suivi régulier. Le canal de jonction entre la Meuse à Lanaye et le canal Albert pourrait s'avérer une voie de remplacement pour la montaison car la température de l'eau et la teneur en oxygène de l'eau sont presque toujours au-dessus des valeurs limites.

Evolution de la t° et de la concentration en oxygène dissous dans le canal de jonction de juin 91 à février 93
La qualité des eaux de la Meuse s'améliore
CONCLUSIONS

REPEUPLEMENTS ET SUIVIS SCIENTIFIQUES

Les résultats obtenus en matière de survie et de croissance en eau doucesont très encourageants. Il ne faut toutefois pas oublier qu'en milieu naturel, le jeune saumon fait face à de nombreux obstacles qui menacent sa survie. A chaque stade de développement, un nombre important d'individus est prélevé par la prédation sous toutes ses formes : animaux, pêche, braconnage,... Ainsi, on doit compter 7500 oeufs (frai d'une femelle de cinq kilos) pour obtenir deux saumons qui reviendront frayer. Afin d'augmenter le potentiel de retour des géniteurs, il est donc impératif d'augmenter substantiellement les déversements et de poursuivre les populations de juvéniles. Dans ce but, une nouvelle station piscicole, sous la gestion de la Région wallonne, division du Service de la Pêche, sera bientôt construite à Erezée.

LA SURVIE DU SAUMON : DE L'OEUF AU GENITEUR
ECHELLES A POISSONS
Une évaluation des travaux relatifs à l'amélioration des échelles à poissons existantes sur le barrage de la Meuse belge et de l'Ourthe est en cours. Cette étude est réalisée par le Ministère de la Région wallonne et par le Ministère de l'Equipement et des Transports. Elle vise non seulement la migration des Salmonidés, mais également l'ensemble des espèces présentes en Meuse. La première phase des travaux accordera la priorité au rétablissement d'une voie de migration vers l'Ourthe (Lixhe, Monsin et Grosses Battes). Les autres barrages seront aménagés par la suite.
QUALITE DE L'EAU

Afin d'être en mesure d'assurer le passage des Salmonidés autant à la dévalaison des saumoneaux qu'à la montaison des adultes pour la fraie, l'eau de la Meuse doit répondre aux critères suivants : une température inférieure à 20° C et une concentration d'oxygène dissous supérieure à 5 mg/l et ce, durant toute l'année. Ce sont les conditions minimales de survies des Salmonidés migrateurs.

Quelques mesures à envisager :

  • arrêter tout nouvel apport de polluant (eaux chaudes, égouts industriels et urbains);
  • limiter les rejets de matières organiques;
  • maintenir un écoulement minimum des eaux au-dessus des barrages pour éviter la stagnation;
  • créer de nouvelles stations d'épuration.

PREVISIONS DES RETOURS

Les premiers retours de Salmonidés migrateurs prévus pour 1993 impliquent une étroite collaboration entre la Hollande, la France et la Belgique pour établir une politique de gestion. De par sa situation stratégique à l'estuaire, la Hollande joue un rôle déterminant à la réussite du projet de réhabilitation. Cette première étape à franchir donne lieu à plusieurs échanges techniques et scientifiques. Un programme de capture des géniteurs migrant vers la Belgique sera bientôt instauré pour réaliser en pisciculture, la reproduction artificielle et le reconditionnement de cette première génération mosane.


"SAUMON 2000" DANS LES PAYS VOISINS
PAYS-BAS : Depuis 1989, les barrages de Linne et de Lith (situés à la porte de la mer du Nord), sont pourvus d'échelles de contournement. Celles-ci sont de véritables rivières artificielles. Les cinq autres barrages hollandais devraient être équipés de sorte d'ici 1996. Parallèlement à ces mesures, d'autres rivières hollandaises telles que le Gulp et la Gueule sont munies d'échelles performantes.

FRANCE : En 1990 et 1991, la Semoy française a reçu un déversement total de 11800 saumons. La mauvaise qualité de l'eau, principal facteur limitant, a engendré un fort taux de mortalité. Les efforts de reintroductions sont maintenant redirigés vers le Rhin : 95000 saumons ont été déversés en 1991 et 1992.

Rivière hollandaise aménagée

Les rivières sont des milieux très fragiles. Les activités de l'homme on sacrifié d'innombrables habitatsaquatique afin d'augmenter les surfaces cultivables, d'étendre les réseaux routiers, d'alimenter des usines, d'agrandir les zones résidentielles. Il faudra certe du temps avant de voir se rétablir le cycle dy saumon atlantique dans la Meuse. La réintroduction de celui-ci ne peut se faire sans votre collaboration; chacun peut participer à l'état d'avancement du projet en améliorant la qualité de son milieu. De simples actions suffisent à multiplier les chances de réussite :
  • assurez-vous, avant d'éffectuer des travaux près d'un cours d'eau, d'une berge ou en zone marécageuse, que vos aménagement ne détruisent pas l'équilibre naturel du site en créant :
    • l'ensablement des cours d'eaux;
    • des obstacles infranchissables pour les poissons;
    • des sources de contamination de l'eau, etc.
  • participez aux opérations de déversements et de dénombrements dans votre région (piège, échelles);
  • si vous capturer un saumon ou une truite de mer, retirez délicatement l'hameçon, remettez-le à l'eau et signalez sa présence au Service de Pêche, aux Facultés Universitaires Notre-Dame de Namur ou à l'Université de Liège.
Activité de sensibilisation auprès d'un groupe scolaire
Le saumon est non seulement un symbole de pureté des eaux; il représente aussi un potentiel halieutique important. Les différentes actions menées par le projet "SAUMON 2000" serviront autant pour le saumon que pour les pêcheurs eux-mêmes. En améliorant la qualité de pêche, les diverses retombées reliées au développement touristique (séjour de pêche, restauration, hébergement,...) peuvent modifier le profil économique d'une région. Qui d'entre vous n'a pas un jour rêvé de taquiner ce noble combattant ?

GLOSSAIRE
ALEVIN VESIULE : alevin dont le sac vitellin n'est pas résorbé
ALEVIN LIBRE : alevin qui nage librement après résorption du sac vitellin et qui commence à s'alimenter
ANADROME : poisson qui quitte la mer pour venir frayer en eau douce
AZOTE LIQUIDE : substance chimique liquide qui permet de marquer à froid la peau d'un poisson
BASSIN : dépression dans le lit d'un cours d'eau (vitesse du courant plus faible)
CASTILLON OU MADELEINE : saumon qui a séjourné un an en mer et qui revient en rivière pour frayer
CHAROGNARD OU SAUMON NOIR : saumon reproducteur après la fraie; sa robe est plus foncée
CRYOMARQUAGE : technique de marquage du poisson qui est tatoué à l'azote liquide à l'aide d'une plaquette métallique
DENSITE : nombre d'individu par unité de surface (m2, 100 m2,...)
DEVALAISON : migration vers l'aval d'un cours d'eau
ECHELLE A POISSONS : dispositif de franchissement associé ç un barrage qui permet aux poissons d'effectuer une migration vers l'amont
FINNOCK : truite de mer qui a séjourné un an en mer et qui revient en eau douce pour frayer
FRAI : produit de la fraie
FRAIE : acte de reproduction chez les poissons
LIMNOPHILE : espèce adaptée à la vie en eau calme
MICROMARQUAGE : insertion d'un fil magnétique microscopique (dans le museau du poisson) contenant des informations codées
MONTAISON : migration du poisson vers l'amont d'un cours d'eau
PECHE ELECTRIQUE : méthode de capture qui consiste à faire passer un léger courant électrique dans l'eau immobilisant temporairement le poisson (strictement réservé à des fins scientifiques)
RHEOPHILE : espèce adaptée à la vie en eau rapide
SAC VITELLIN : réserve de nourriture de l'alevin vésiculé
SAUMONEAU OU SMOLT : jeune saumon âgé d'un an ou plus qui, suite à des transformations morphologiques et physiologique devient argenté et migre vers la mer; l'ensemble de ces transformations se nomme la smoltification
SEUIL : haut-fond entre deux zones plus profondes (vitesse du courant plus rapide)
SUNSTRAT : matériel constituant le lit du cours d'eau et servant de support aux autres organismes
TACOM OU PARR : salmonidé juvénile vivant en eau douce
TACON 0+, 1+ : tacon de moins d'un an (0+), tacon dont l'âge varie de un an à deux ans (1+)

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
  • MICHA, J-C et S. PILETTE, 1988 : "L'impact de l'homme sur l'écosyst§me Meuse" : Presses universitaire de Namur, 141 p.
  • PHILLIPART, J-C., G. RIMBAUD, PH. LAFORGE, J-C. MICHA, A. GILLET, C. PRIGNON et F. VASSEN, 1991 : "Co,vention avec la Région wqllonne pour l'étude de faisabilité de la réintroduction du saumon atlantique dans le bassin de la Meuse. Projet Saumon 2000. Rapport pour la période février 1990 - janvier 1991." Université de Liège et Facultés Universitaires de Namur, 88 p.
  • PHILLIPART, J_C., G. RIMBAUD, J-C. MICHA, A. GILLET, C PRIGNON et F. VASSEN, 1992 : "Convention avec la Région wallonne pour l'étude de faisabilité de la réintroduction du saumon atlantique dans le bassin de la Meuse. Projet Saumon 2000. Rapport pour la période février 1991 - janvier 1992". Université de Liège et Facultés Universitaires de Namur, 127 p
  • PHILLIPART, J-C.,  G. RIMBAUD, P. BAUTE, J.M. LAMBERT, J-C. MICHA, C. PRIFNON et F. VASSEN, 1993 : "Convention avec la Région wallonne pour l'étude de faisabilité de la réintroduction du saumon atlantique dans le bassin de la Meuse. Projet Saumon 2000. Rapport pour la période février 1992 - janvier 1993". Université de Liège et Facultés Universitaires de Namur, 173 p
  • PHILLIPART, J-C., 1988 : Le saumon. Environnement, 4/88 : 16 p
  • PHILLIPART, J-C., Reverrons-nous des saumons dans la Meuse ? Cahiers d'Ethologie appliquée, 5 (1) : 31-68
  • PHILLIPART,J-C., P. PONCIN, 1991 : Poir que revienne le saumon en Meuse. Document vidéo.

PARTENAIRES DANS LE PROJET
Ministère de la Région wallonne
Namur Direction générale des ressources Naturelles et de l'Environnement, Division de la Nature et des Forêts;

Université de Liège et Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur

Fond piscicole;

Associations "Saulon Semoy" et "O.P.P.S."

Ministère de l'Equipement et des Transport, Service de la Meuse liégeoise et namuroise;

Ministère de la Région wallonne, Division de l'Eau


ADRESSES DE CONTACT
Facultés Universitaire Notre-Dame de la Paix de (Claire Prignon)
UNECED, 61 rue de Bruxelles, 5000 NAMUR
(081/72.43.60)
Université de Liège (Dr. J-C- PHILIPPART),
Institut de Soologie, 22 quai Van Beneden, 4020 LIEGE
(085/21.48.69)

le ministère de la Région Wallonne (DGRNE), le Ministère de l'Equipement et des Transports, réalisation en collaboration avec les FUNDP Namur et l'ULg